« Désengagement professionnel : pourquoi les salariés décrochent-ils ? »

Désengagement professionnel : le risque silencieux qui s’installe dans les entreprises

Pendant des années, les entreprises ont concentré une grande partie de leurs efforts RH sur un enjeu majeur : fidéliser leurs talents et limiter le turnover.

Cet enjeu demeure. Mais un autre phénomène, plus discret, mérite aujourd’hui toute l’attention des dirigeants et des équipes RH : les collaborateurs qui restent dans l’entreprise… tout en l’ayant déjà quittée mentalement.

Ils sont présents. Ils remplissent leurs missions. Ils atteignent parfois même leurs objectifs.

Mais progressivement, quelque chose change : ils proposent moins, participent moins aux projets transverses, challengent moins les décisions et ne se projettent plus réellement dans l’avenir de l’entreprise.

Seulement 8 % des salariés français engagés

Les chiffres du dernier rapport State of the Global Workplace 2026 de Gallup sont particulièrement révélateurs.

En 2025, seulement 20 % des salariés dans le monde se déclarent engagés dans leur travail. 64 % sont considérés comme non engagés et 16 % comme activement désengagés.

En France, la situation est encore plus marquée : seuls 8 % des salariés sont engagés, contre 12 % en moyenne en Europe. 72 % sont non engagés et 20 % activement désengagés.

Dans un environnement économique plus incertain, le risque pour les entreprises n'est donc pas uniquement de voir partir leurs meilleurs collaborateurs.

C'est aussi de les voir rester sans être réellement engagés.

Le désengagement touche également les managers

Le phénomène est particulièrement préoccupant du côté des managers.

Selon Gallup, leur taux d'engagement mondial est passé de 31 % en 2022 à seulement 22 % en 2025.

Or, le rôle du manager est déterminant : Gallup estime que les managers peuvent expliquer au moins 70 % des variations d'engagement observées entre les équipes.

Un manager lui-même fatigué, désengagé ou en perte de sens aura nécessairement plus de difficultés à mobiliser durablement ses collaborateurs.

Pourquoi les collaborateurs décrochent-ils ?

Il n'existe évidemment pas une cause unique. Le désengagement peut progressivement s'installer sous l'effet d'un manque de perspectives, d'une perte de sens, d'une reconnaissance insuffisante, d'une surcharge durable, d'un management inadapté ou encore d'un décalage croissant entre les aspirations du collaborateur et la réalité de son poste.

Et c'est précisément ce qui rend le phénomène difficile à identifier : le collaborateur désengagé n'est pas nécessairement un collaborateur en difficulté apparente.

Il peut continuer à produire, à respecter ses engagements et à donner extérieurement tous les signes d'un fonctionnement normal.

De la fidélisation à l'engagement durable

Pour les entreprises, la question ne devrait donc plus être uniquement :

« Comment retenir nos collaborateurs ? »

Mais également :

« Qu'est-ce qui leur donne encore envie de s'investir et de construire leur avenir avec nous ? »

Cela suppose notamment de s'intéresser aux perspectives d'évolution, à la qualité du management, à la reconnaissance, à l'autonomie, à la charge de travail mais aussi à l'adéquation entre les personnes, leurs motivations et les responsabilités qui leur sont confiées.

Car retenir un talent n'est pas une réussite en soi. Encore faut-il qu'il ait envie de rester.

Et c'est peut-être là que se situe l'un des enjeux RH majeurs des prochaines années.

Et vous, quel est aujourd'hui, selon vous, le premier facteur de désengagement dans les entreprises ?

Sources : Gallup, State of the Global Workplace 2026 – données collectées en 2025.

Consulter le rapport State of the Global Workplace 2026

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